jeudi 3 juin 2010

C'est rédhibitoire.

En créant ce blog, j'ai pris une grosse décision : faire une croix sur ma vie privée. Bien entendu, je tente de conserver celles de mes amis ou des gens qui peuvent être cités dans mes posts, mais j'ai choisi de dire tout ce que je pouvais de ma réalité.

Je précise bien ma réalité parce que je suis totalement partial. Mais ce choix de transparence est-il rédhibitoire ? D'ailleurs, qu'est-ce-qui est difficile à accepter chez moi ? Jusqu'où puis-je rester moi-même dans ma recherche de l'Amour ? Parce que si je suis seul, c'est bien que j'ai un problème ou un défaut majeur, je ne vois que cette logique. Je dois bien effrayer quelque part.

Le titre de ce post est tirée d'une conversation avec mon père et ma soeur. Et ils ont peut-être raison. Je dis bien peut-être parce que toutes mes bizarreries, mon caractère chiant, mon humour vaseux, mes goûts improbables, mon air hautain, mon bavardage incessant, sont "peut être" des "éloigne-copines". Mais c'est en fait grâce à ma copine Kika que j'ai compris ce qui était vraiment repoussant chez moi, ce qui ne marchait pas : mon constant besoin d'affection.

J'aurais du le comprendre il y a quelques temps déjà. Après mon premier date pour me remettre sur les rails, la jeune fille m'a avouée s'être sentie un peu sous pression et avoir eu l'impression que je lui sortais le "grand jeu". Je n'avais pas tout compris mais elle m'a aussi dit que mon côté très séducteur la refroidissait un brin, mais mettait cela sûr le stress.
Quand on est sur le pas de la porte amoureuse, on ne comprend pas bien les tempérances et les griefs. Mais en fait cette jeune-femme a raison.

C'est bizarre, je me sens comme ce cher House quand il est à deux doigts de tuer son patient et qu'au dernier moment un éclair de génie s'impose à lui. Cet éclair est donc ma belle Kika et notre dernière discussion msnique ! Elle a su me mettre de but en blanc devant mon plus grand problème : I try too hard !!! Venant d'elle j'ai enfin compris le hic : ma manie du "Qu'est-ce-que tu aimes chez moi/Qu'est-ce qui te plaît chez moi/Qu'est-ce-qui va pas chez moi ?"

Et je crois que cela peut provenir de deux traits de caractère : mon énorme besoin d'affection et mon incertitude d'avoir un véritable amour-propre.

Pour le deuxième, je me dis que tous les thérapeutes du monde peuvent s'essayer à me prouver que je peux m'aimer, je le sais. Je n'y arrive pas c'est tout. Enfin, si j'y arrive mais je ne sais pas si c'est de l'amour-propre ou autre chose.

À "pas encore" 27 ans, j'ai fait presque le tour du globe, j'ai vécu dans un pays lointain, j'ai rencontré plusieurs membres de culture et de religion différentes et éloignées. J'ai pu manger aux meilleures tables, boire des choses et voir des choses que mes arrière-grands-parents n'aurait pu imaginer. Je parle plus de 3 langues, j'ai fait des études et j'ai un toit sur la tête. Si la foudre me tombait dessus à l'instant même je n'aurais qu'un regret, ne pas partager tous ces bonheurs avec quelqu'un. Si aimer la somme des expériences qui ont rythmé ma vie revient à m'aimer, alors je m'aime.

Pour le besoin d'affection, je ne sais pas si ça se guérit, j'ai beau essayer de moins m'investir, de tenter de prendre du recul, je finis toujours par m'enflammer, d'en vouloir beaucoup et d'en donner plein en retour. J'ai peut être trop de place dans mon corps pour moi. Le pire c'est cette sensation de froid jusque dans les draps, ce qui ne signifie pas que n'importe qui est invitée dans mon lit. Mais la chaleur humaine est certainement l'une de mes plus grandes addictions.

C'est peut-être pour ça que j'ai choisi un métier dans le commerce, un endroit où je peux rencontrer des gens merveilleux, où je dois savoir séduire et attiser la curiosité.

Il est donc grand temps de changer, ne plus être une "attention whore" au masculin, ne plus jouer la carte du regarde comme je suis bien et m'en foutre. Bon c'est dit, mais pour la mise en chantier, c'est pas gagner.

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