Vous connaissez certainement la célèbre marque de margarine américaine "I Can't Believe It's Not Butter", promettant ce bon goût de beurre doux et une facilité d'usage. Just wrong. C'est pour ça que je suis persuadé que le nom même de ce produit peut être appliqué aux relations entre les hommes et les femmes.
Bien sûr, le seul usage que je connaisse de ce genre de matière grasse entre personnes consentantes me vient d'une scène du film Dernier Tango à Paris. Malgré tout, les liens qui unissent les amants peuvent être beaucoup moins sulfureux et au final beaucoup plus merdique.
Je suis rentré dans la nuit d'une soirée papote, boissons et télé chez un pote. Il semblerait que lui comme moi n'ayons pas beaucoup de chance dans les affaires du coeur mais en partageant nos déconvenues récentes, j'ai eu envie de partager plus largement mon expérience pour m'alléger.
En fait, je vais une fois de plus devoir être franc et avouer que cette histoire très brève m'a perturbé un peu, non pas par sa brièveté mais par son manque de lisibilité. Je rembobine.
La fille me plaît assez pour que j'ose demander à prendre un verre et partager un peu plus sur les choses qu'on aime à savoir : les graphistes contemporains qui font de la BD, de l'art traditionnel ou numérique. Elle accepte et on décide donc de prendre un verre, pour voir.
Physiquement la chimie s'opère de mon côté, je me sens à l'aise comme je ne le suis plus depuis trop longtemps. On boit, on marche, on parle, on marche longtemps. J'apprends qu'elle aussi voulait me demander de sortir depuis quelque temps. Nos mains glissent l'une dans l'autre, on décide de faire demi-tour au bout d'un moment en j'espère à chaque fois que la demoiselle ne va pas s'arrêter en chemin par la case "C'est ma rue..."
Non en fait elle relance d'un "T'as pas faim?"
Joie !!! Mais un problème s'impose : on vit dans une petite ville et les coins sympathiques et ouverts sont rares à plus de 21h en semaine. "Oui j'ai un peu faim mais où", "Je connais une bonne pizzeria." Bon je connais aussi, j'y ai jamais foutu les pieds mais de toute façon, pour passer encore 5 minutes en sa compagnie je serai allé un peu n'importe où... On mange et déconne, elle rit, moi aussi. So far so good ! Puis on reprend le chemin de nos maisons.
Alors là, je flippe encore plus le "ok-bye-lol" des filles d'aujourd'hui mais je me dis que je vais juste espérer que mon flair est bon et qu'elle est un brin différente et un peu plus engageante. Elle accepte que je la raccompagne, j'ose alors un "peut être même que tu me feras monter".
"Ça peut se faire, oui." Comme dirait Eddie Izzard : "Sex Is On" Je vais être très clair, c'était bien la première fois que je me permettais d'être aussi direct et je dis merci à cette jeune-femme d'avoir dit oui, ça remontera mon ego pendant quelque temps.
Donc on monte, j'ai droit au tour de la propriétaire. On papote, je me glisse doucement derrière elle et la respire parce qu'elle sent exactement ce qui me plaît. J'embrasse la belle et on s'enlace. La suite est douce et très agréable, on refait le lit pour être plus à l'aise mais je suis tellement bien que j'aurais tout aussi bien pu être au bord d'une falaise qui se disloque, je n'aurais vu que ma partenaire.
Un peu d'anticipation, je suis sevré depuis près de 6 mois à ce stade, et elle est fébrile, craint que je ne la regarde qu'avec dégoût ensuite. She couldn't have been more in the wrong ! Mais je ne la blâme pas, elle ne sait peut être pas qu'elle est très très désirable, et en plus une amante passionnante.
Le lendemain n'a pas changé ma vision des choses et après un bref échange elle me propose de venir chez moi le lendemain. Je décline car je ne serai pas là, propose de passer chez elle, elle accepte et la deuxième étreinte est tout aussi agréable voir plus. Mais les obligations nous rattrape et après quelque échange et promesse d'appel. Dès lors plus de nouvelles.
Donc là, vous tous lecteurs normaux, vous dites : "Fuis !!! Cherche pas à savoir, tu as eu du bon temps, pourquoi risquer de tout perdre sur une explication. Laisse faire le silence radio." Ben ouais j'aurais peut être dû. Mais non, ma pugnacité légendaire briseuse d'aventures m'a rattrapé, je n'ai pas su lâcher prise. Donc je propose un café, pas de réponse, je débarque, je reste contre la porte (longtemps) et je repars.
J'apprends plus tard qu'elle n'a pas la place pour moi au final, que c'est trop compliquée dans sa vie, je le comprends mais même si j'apprécie qu'elle me l'ai enfin dit, j'aurais préféré en face. Un peu plus de respect que diable.
Je ne sais pas ce que j'ai encore foutu pour qu'on me sorte l'excuse du "c'est pas toi c'est moi" mais je pense qu'au final, même si c'est pas moi, j'aimerais qu'on ai le courage de me le dire en personne, ou au moins de manière moins impersonnelle.
Et vous savez le plus drôle, le plus nase, c'est que je pourrais presque y retourner si elle me le propose. Je me doute que jamais elle ne le fera mais c'est le genre de personne que je suis. Une personne sans aucune once de honte.
C'est ça pour moi la relation "margarine" : ça a le goût du plaisir et de l'intérêt mais au final c'est lourd, et ça peut devenir un peu indigeste.
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