mercredi 14 juillet 2010

Sarah qui?

Dis moi, lecteur, et toi, lectrice, mon coeur, mon ami, ma douce et tout le toutim, est-ce que toi aussi, tu bovaryses ? Est-ce que ton coeur frêle se fait le réceptacle des aléas sentimentaux de tes héros ? Est-ce qu'à toi aussi, il est arrivé de lire une fiction, de voir un film, d'écouter une chanson et de te dire : "Woaaah ! C'est trop ça, c'est trop ce que je ressens, je peux totalement m'identifier à ça !" (Oui, je sais, je parle bien le "trop".) Est-ce que toi aussi, tu sublimes et idéalises les sentiments de tes personnages préférés, rêvant ou croyant vivre la même chose ?

Si c'est le cas : tu es bien dans la merde.


Quand j'étais ado et très jeune-homme, je bovarysais tout le temps... Mon côté fleur bleue n'aidait pas vraiment à ce que je prenne du recul sur le monde imaginaire et romancé que je côtoyais très très souvent. Je dirais même trop souvent. Mais bon, quand j'étais ado, le séducteur hors-pair que je suis aujourd'hui n'avait pas encore éclos. Tu as bien sûr compris chère lectrice que je plaisante, et toi cher lecteur avec qui je partage actuellement un certain intérêt*, j'espère que tu as bien pris cette dernière phrase au second degré. ;-)

Donc pour revenir au seul sujet qui nous intéresse vraiment ici : c'est-à-dire moi. J'ai pendant longtemps collectionné les râteaux et les "touche-pipi"/"bisous-bisous" foireux. Je n'avais alors rien compris aux relations amoureuses, et même maintenant, je n'en sais toujours pas grand-chose. Mais fantasmer sur une relation idéale ou sur les amours virtuelles et romancées pour les lier à mes plantades, c'était assez triste. J'ai un copain qui fait encore ça, quand il se fait jeter ou quand il a des problèmes sentimentaux, il ne supporte pas beaucoup les histoires de coeur bien merdiques que la télé peut nous servir. Ça le rend littéralement malade. Cela peut paraître touchant au début et certainement très normal, mais plus j'y pense plus je me dis que si à nos âges, nous sommes encore bloqués à ce stade, ça craint. Ttt, hopeless.

Bref, je viens de voir un film que j'ai trouvé brillant de bêtise et d'humour bien nul, qui doit certainement être classé dans la catégorie "comédie-romantique" : Sans Sarah, rien ne va (Forgetting Sarah Marshall). Je ne comprends pas comment j'ai pu passer aussi longtemps à côté de ce film. Y'a des situations débiles, les acteurs font parti des casts de mes shows préférés. On y retrouve la fabuleuse Kristen Bell (de Veronica Mars et Heroes), le génial Jason Segel (Marshall dans How I met your mother) et surtout Mila Kunis (la très agréablement énervante Jackie de That '70s Show) et surtout y'a des marionnettes qui chantent un musical sur Dracula à la fin... FTW!

Tu n'as pas vu le film, je te raconte ça vite fait : Peter Bretter (Segel) est fiancé à Sarah Marshall (Bell) la star d'un show à la CSI mais en bien nase. Lui il compose la musique de la série et tout va pour le mieux, jusqu'au jour où il se fait larguer pour un autre. Après avoir désastreusement tenté les one-night stands, il décide de partir se ressourcer à Hawaï, dans un groupe hôtelier que Sarah apprécie. Tu t'en doutes, il va tomber sur son ex et surtout sur le nouveau mec. Heureusement, le personnel de l'hôtel est là pour lui remonter le moral et notamment la fille de l'accueil : Rachel Jansen (Kunis).

Allez, tu te doutes de la fin et des délires de ce film avant même de l'avoir vu. C'est normal, ce film est un mash-up de teen-movie et de comédie-romantique, où tu peux tout prévoir à l'avance. D'ailleurs ça marche assez bien, et j'ai beaucoup rit des situations toujours improbables dans lesquelles ce pauvre Peter se fout. Enfin, pendant le premier tiers du film, il se fout surtout minable le Peter : Bloody Mary, jus d'orange amélioré, Cuba Libre... J'avais pitié de ce type mais pas de la façon dont il tient son alcool.

Et c'est là que j'ai compris : je ne peux plus bovaryser ma vie amoureuse parce que j'en ai eu une bien plus intéressante dans l'ensemble que ce que je pouvais imaginer. Oui je suis célibataire, oui j'ai des dates et eu des one-night stands. Oui, j'ai encore un peu de mon bagage émotionnel mais j'en ai laissé beaucoup à la consigne. Et oui, il y a en ce moment une personne qui me fait me sentir agréablement bien et qui n'a pas besoin d'engagement pour que cela se passe le plus agréablement.

Alors voilà, je ne cherche plus à trop analyser ma vie dans ses moindres détails. Je laisse ça à mes futurs biographes (pour une fois je suis sérieux) et bien que ce blog n'est qu'un outil de thérapie, c'est aussi pour me guérir de deux autres maladies : le writer's block et la procrastination. J'aime savoir que vous êtes de plus en plus nombreux à venir me voir chaque semaine. Et même si je dois connaître plus de la moitié d'entre vous ça me fait très plaisir que vous continuiez à me suivre. So far, vous êtes plus d'une trentaine de lecteurs réguliers connus et inconnus**. Alors merci encore et ramenez des copains.

*Oui, c'est bien à toi que ce message était adressé.
** On est même allé jusqu'à une cinquantaine de visite différentes sur le début du mois de juin.

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