Quand la personne qu'on aime nous quitte, on est prêt à tout pour la voir rester, on voudrait que le temps s'arrête à la dernière seconde de bonheur. On souhaiterait que les mots fatidiques ne sortent jamais des lèvres que nous adorions tant. Toutefois : shit happens. Et dans ce temps de trouble et de tristesse, on dit beaucoup de conneries pour se rassurer, pour continuer de croire en une seconde chance.
Ma plus grosse connerie : "Si tu veux me faire un cadeau, reviens pour mon anniversaire."
Enfin c'est certainement pas la plus grosse de mon histoire passée, mais quand j'ai proposé cela à ma déjà-ex-fiancée, je tentais une dernière charge contre le moulin. Je me berçais d'une illusion et chacune de mes estocades contre le destin n'était qu'un coup d'épée dans l'eau.
Qui aurait pensé que cette phrase insignifiante dite alors que je ne croyais plus en rien ; que mon bonheur actuel (bien que toujours un peu boiteux mais ça va carrément mieux quand même rassurez-vous) n'était pas même imaginable ; n'allait pas tomber dans l'oreille d'une sourde ?
Le jour de mon anniversaire donc (jour où j'ai rencontré l'étonnante, vive, drôle et aguichante LRRH), je me suis promené au festival de la BD de Lyon (pour le boulot et pour mon bon plaisir) durant une petite pause cigarette sous la pluie, je me rencarde sur l'état de mes mails et mes différents messages. Ben oui c'est mon anniversaire, j'allais bien focaliser sur mon petit nombril un petit peu plus que d'habitude et puis surtout ça permet de voir qui reste dans le paysage chaque année. Bref, je m'aperçois que j'ai raté au moins deux appels de mon ex. Elle l'a joué polie, je me dis que c'est un bon point pour elle, surtout après le drama qu'elle a tapé sur Facebook pour savoir si elle devait ou non m'appeler. Bref, j'écoute les messages et là, j'hallucine littéralement. Une voix déconfite et décomposée me demande de la rappeler de toute urgence pour une affaire très importante. That girl knows her drama ! Mais comme je suis un gentil concon vite inquiet et que malgré tout je suis attaché à elle (on ne vit pas un Amour pendant près de 7 ans sans en garder des petites séquelles), je me décide de la rappeler illico.
Je ne vais pas mentir, j'étais très mal à l'aise, je pense que j'ai essayé par tout les moyens de faire taire la rogne enfouie en moi. Quelque semaines auparavant j'avais eu Alice au téléphone et je lui avais dit ma colère face à celle qui m'avait totalement détruit. Je lui en veux toujours un peu d'ailleurs, mais les raisons se mélangent et se mêlent parfois dans un tel noeud gordien que je préfère trancher dans ma grogne avec raison et en tentant de mieux la comprendre.
Après les banalités d'usages, les questions commencent à tomber... "Comment ça va ?" "Et ta vie amoureuse ?" "La famille ?" Et les réponses d'une banalité affligeante arrivent d'elles-mêmes : "Aussi bien que je puisse." "Ben, j'en ai pas vraiment, mais je prends un verre avec une fille ce soir." "Toujours pareils." Et puis, je réagi, je lui dis que si elle me pose une question sur ma vie amoureuse, c'est qu'elle a rencontré quelqu'un. On the nose ! Oui je me doutais que c'était lui... Ah, ça a pas marché comme prévu. Too bad, même si j'm'en moque un peu et que ma part sombre admet être un peu triste et jaloux. Avoir été si vite remplacé, ne flatte pas mon ego (ma rencontre avec LRRH près de 2 heures plus s'en chargera !) mais je suis déçu pour elle, après tout, à cet instant elle est bien seule et sa vie à l'air peu enviable.
Et là, tout bascule : "Dis tu te souviens quand je t'ai quitté, tu m'as dis que si je revenais pour ton anniversaire ce serait un cadeau merveilleux, ça tient toujours ?" A cet instant, j'ai senti à quel point on pouvait être stupide et sans amour-propre quand on était délaissé. Je me suis revu dire ces mots et j'ai pesé tout le poids de sa question. Heck, j'aurais presque pu compter mes battements cardiaques.
"Non." Non, voilà ce que ma raison a enfin dépassé mon coeur, non, car I moved on en près de 6 mois, non parce que le soir même j'allais rencontré une inconnue et je ne voulais pas m'encombrer de mes bagages passés. Non, car je veux être optimiste et surtout : "Non, car si tu me le demandes quand ça ne va pas, alors c'est que tu ne veux que te rassurer." Voilà, j'ai dit non, j'ai poliment refuser une nouvelle chance. Le ver de la discorde aurait trop vite pointé son nez (ou son cul, je sais jamais dans quel sens ça marche ces bêtes-là) et j'avais besoin de m'émanciper. D'apprendre à voler solo et aimer ça.
Mes ailes ont pris de l'envergure, le jour de mon anniversaire. Bien sûr, j'ai promis de ne pas faire dans le genre : elle s'est trainée à mes pieds. Elle ne l'a pas fait, elle était émue et moi aussi. Mais non, elle n'était pas aussi pathétique, elle se trompait juste. Je ne la prends pas en pitié et je ne me moque pas, cette erreur, je l'ai faite une fois et je l'ai regretté très très longtemps.
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